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Rodrigo « Joe » Corbata – un tango de liberté et d’émotion

En 2007, Lucila Cionci et Rodrigo « Joe » Corbata créent  Formula Tango.

L’un et l’autre, riches de leurs expériences personnelles réussissent en quelques années à peine à se hisser au nombre des couples les plus intéressants et les plus célèbres de la galaxie des professionnels de la danse tango. Plasticité, expressivité, capacités et qualités d’innovation… sont quelques unes des particularités et des atouts du couple. Leur danse implique et évoque cette liberté que le tango nous propose.

Leur travail de pédagogues comme lors de leurs spectacles et démonstrations, est empreint de l’impact esthétique de leurs mouvements, nous ne manquons pas de remarquer la perfection et la grâce de leur connexion faisant de la danse tango une parfaite pratique entre deux êtres.

 Lors de cet entretien, Joe Corbata nous décrit cette vison et ces paramètres du tango, auxquels il reste fidèle.

Bernardo Nudelman : Quand as tu commencé à t’intéresser à la danse tango et en faire ta profession ?

Joe Corbata : Je viens d’une famille d’artistes ce qui a été déterminant dans mon intérêt pour la danse, la musique et le théâtre. Ma carrière de danseur de tango a commencé d’une manière très classique, par l’apprentissage et par un travail quotidien mené avec beaucoup d’application. Elle a pris forme lorsqu’un jour une élève suisse m’a proposé de venir dans son pays pour présenter le tango dans un festival de swing… J’y suis allé pour un week end et je suis resté trois mois à Zurich où j’ai donné des cours et beaucoup appris.

BN : Formula Tango est né en 2007, depuis tu as développé diverses activités : pédagogue, chorégraphe, concepteur de spectacles, danseur… Comment ce bagage et cette expérience ont-ils influencé tes choix artistiques ?

JC : Le temps m’a donné, le moment venu, ce qu’il fallait avoir. Le désir d’agir et le fait d’avoir dirigé deux studios m’ont beaucoup appris. Même une petit projet gastronomique, qui n’a pas prospéré, m’a aussi également appris des choses.

BN : J’ai lu sur ton site que pour toi la danse tango était une “source d’improvisation du contact”. Est-ce à dire que danser le tango serait synonyme de liberté, de sociabilité ?

JC : Absolument. Et avec des résultats immédiats.

BN : Tu dis, par ailleurs, que “le tango te motive à être toi-même”. J’en déduis qu’à travers un contact de proximité, un déplacement conjoint, le tango te permet de consolider ta propre personnalité, harmoniser ta vie intérieure, tes désirs et difficultés existentielles et de te désinhiber. Peux tu nous donner des éléments qui puissent nous permettre de bien saisir ce phénomène ?

JC : Le tango te met à nu ;  il met à nu tes doutes psychiques et physiques d’une manière totale et immédiate. Bien entendu, il dépend de chacun d’assumer et de dépasser ce seuil, cette frontière. C’est sur ce point qu’il me semble résider la difficulté du tango…

BN : Ton parcours est riche de participations à des festivals, des jurys des concours, des spectacles de ta conception et aussi d’autres artistes, tels J. Balmaceda et C. de la Rosa, A. Veredice et A. Hobert, Esteban Moreno et Claudia Codega. Quels sont les modalités récurrentes, si elles existent, qui s’imposent aujourd’hui, selon toi, dans la création de spectacles de tango ?

JC : Elles sont surtout liées au succès, aux résultats, établis selon les critères du show business. Malheureusement, il n’existe pas de productions dont l’objectif soit l’évolution dans les nombreuses formes avec lesquelles nous pouvons raconter le tango. Or miser sur cette démarche pourrait faire venir au tango beaucoup de gens nouveaux, qui ne laisseraient pas de nous surprendre, et ce qui dit également le succès, n’est-ce-pas ?

BN : Qu’as tu découvert, décanté, poli, réorganisé tout au long de ta carrière ?

JC : Ce que je suis aujourd’hui, je le dois à Lucila. C’est elle qui m’a poli, car elle me connait très bien, est toujours à l’écoute et m’assure un retour. Ceci est fondamental pour ma connaissance personnelle et j’apprends grâce et à travers elle. Ce réalité et cette pratique génèrent un code unique que je souhaite approfondir et développer en profondeur avec Lucila. Aujourd’hui, je suis dans une autre phase de ma vie. J’ai de la gratitude pour tout ce que j’ai pu vivre précédemment et c’est ce qui me permet de souhaiter un avenir agréable.

BN : Qu’aimerais tu dire aux amoureux du tango et de sa danse ?

JC : Dansez, recherchez, inventez, grandissez, sortez et souriez, partagez et enlacez vous. Transmettez, invitez et n’oubliez pas d’être tolérant et de respirer. En bref, profitez !

Lucila Cionci et Rodrigo Corbata sont présents à la 20ème édition du Festival de Tarbes, en août prochain. Ils animeront 3 ateliers, 1 séminaire spécial et  participent à la Soirée des Maestros du mardi 22 août.

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