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Quelques lignes sur le Candombe  

Auteur: Satragni Beto

Le candombe fut une danse dramatique et religieuse qui regroupait les esclaves et ses descendants, et qui a disparu vers la fin du XIXème siècle. Cette céremonie avait lieu autour du 6 janvier, Fête de l'Epiphanie, qui célèbre le couronnement des Rois Congolais.

Cette danse rituelle se pratiquait dans des espaces ouverts ou dans des salles consacrées au culte. Les instruments qui accompagnaient le candombe étaient de petits tambours avec un seul emplâtre cloué à la structure du tambour et joué avec baguette et main ou main sans baguette. D'autres instruments étaient présents comme la 'marimba' (sorte de xylophone) ou la 'zambomba' (petit tambour rustique).

Le nom de candombe ou tambos, comme on le disait jusqu'en 1830, avait différenes significations. Parfois on nommait ainsi les endroits de réunion des africains, parfois certaines musiques et bals qui avaient lieu dans ces rencontres.

Au fur et à mesure que le candombe évolue, il perd une partie de ses éléments religieux africains. Son instrument principal, le tambour, a survécu et quelques personnages typiques regroupés au sein de la 'comparsa negra' ou 'lubola' (rassemblement noir) comme la 'mama vieja' (la vieille mère), le 'gramillero', le 'escobero' (le 'porteur du balai'), el 'porta estandarte' (le porte-drapeau), el 'porta estrellas' (le porteur d'un fanion étoile) et le 'vuelo de banderas' (vol de drapeaux).

Les personnages du candombe, comme le 'gramillero', qui est un noir qui se déguise avec frac et barbe blanche, chapeau et baton, ou la 'mama vieja' habillée avec crinoline et dentelle, ridiculisaient les patrons. Quand ceux-ci partaient en voyage, ils prenaient leurs vêtements et les ridiculisaient. Le 'escobero' fait des jongleries avec un petit balai. Un autre porte une étoile comme étendart. Un autre porte le drapeau et l'agite de bas en haut.

Les tambours sont joués par des groupes de 30 et 100, chacun joué par un percussioniste. Le groupe a trois types de tambour : le petit, le 'repique' et le 'tambour-piano'. Regroupés en proportions différentes, ils tissent un échange rythmique. Ces dialogues se font en marchant et sont connus comme 'llamada de tambores' (appel de tambours). Leurs parcours se fait traditionnellement dans les quartiers Sur et Palermo à Montevideo.

Le tambour-piano, c'est comme le gaucher du candombe, le tambour le plus gros. Il fait la partie de la basse. A un son grave et un pattern continue, mais il peut toutefois improviser.

Le tambour petit est la colonne vertébrale du candombe, celui qui tient le tempo. Il joue toujours pareil et droit.

Le tambour-repique sonne un peu plus grave que le petit tambour. C'est le tambour qui fait les solos. Celui qui improvise. Celui où il est possible de remarquer la dexterité des 'tamborileros' (joueurs de tambour).

Chacun a son expression et lui donne le toucher et la couleur. Le 'repique' est celui qui 'raconte'. Avec son toucher, il suggère des choses, comme baisser ou hausser le rythme ou annoncer la fin. Le 'repique' commande. Parfois aussi le 'tambour-piano' peut dicter certains choses. C'est une conversation passionante, il faut l'écouter.

Au début du XXème siècle de nouveaux compositeurs vont apparaître et ajoutent au candombe de l'harmonie et de la mélodie, comme Romeo Gaivoli ou Pedro Ferreyra. Un grand mouvement va naître qui plus tard fusionne avec le son cubain.

À partir des années '60, quand la musique connaît un vrai tournant, de jeunes compositeurs comme David Ross, Eduardo Mateo ou Ruben Rada, commençent à s'intéresser au candombe et vont être les premiers à mettre à jour le langage des années 60. Ils vont fusionner le candombe avec le jazz, avec le rock et même avec la musique orientale. Avec Mateo, Rada et l'ensemble El Kinto (avec leurs disque Musicacion 4) naît le mouvement du candombe qui compte aujourd'hui avec Hugo Fattorusso, Ricardo Nolé, Urbano Moraes et moi-même. Ceux qui portent le candome depuis des longues années.

Certains textes repris par Beto Satragni à partir d''El toque de candombe' de Jorge Saadi, Willy Muñoz et Foca Machado.

Beto Satragni


Retrouvez dans la rubrique 'Interview' celle de Beto Satragni réalisée par Luis Tarantino.


   

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