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Auteur: Tarantino Luis Les muses du tango l'appellent
Il est comme un lutin qui surgit dans le bitume de ces deux villes qui symbolisent le Rio de la Plata: Buenos Aires et Montevideo.
Horacio Ferrer, ce grand poète (qui est proposé pour le Prix Nobel de littérature), historien, voyageur infatigable et Président, dès sa création en 1990, de l'Académie Nationale du Tango de l'Argentine.
Ferrer est un travailleur acharné, propriétaire d'une tenacité unique, qui fait qu'il ne lui est rien d'impossible. Ainsi, l'Académie du Tango a réussi, après de nombreuses démarches, à acheter leur siège, le Palais Carlos Gardel, dans les étages supérieurs du mythique Café Tortoni, ou se trouve son siège administratif, le Lycée National du tango (où se forment les futurs chercheurs, artistes et tous ceux qui s'intéressent au tango), où se trouve aussi le "Conservatoire des Styles" du tango Argentino Galvan (où des musiciens et chanteurs se forment aux langages et techniques appliqués au tango) et, depuis peu, le Musée International du tango (voir note sur notre site). De celui-ci nous voulons parler avec Horacio Ferrer.
Luis Tarantino: Comment te trouves-tu après cette nouvelle réussite de l'Académie du Tango?
Horacio Ferrer: Très bien et très heureux d'avoir pu réaliser ce rêve et de la manière dont ceci s'est passé. Car quand les choses tournent mieux que tu ne l'imagines, il faut le fêter!
J'ai raconté des nombreuses fois cette idée de Musée dans des salons vides. Comme si j'imitais Homero Manzi qui inventa un scénario pour un film sur une page vierge et il a réussi à l'imposer. Je ne crois pas encore ce que je vois.
Chaque chose à sa place, chaque chose dans son époque, chaque chose avec une touche pédagogique et nonobstant surprenante. Car, voir toute l'histoire du tango dans un paysage de tableaux aux murs, de vitrines et dans ces pièces, c'est quelque chose qui était en nous de le réussir et nous avons pris la décision de le faire courant 2003 et c'est fait.
LT: Tu parlais autrefois, je crois me rappeler, de cette idée qu'on a des Musées, comme quelque chose de figé dans le temps...
HF: Le fameux cimetière de l'art, et non pas le lieu des muses, car le mot vient de là.
LT: Et comment fait-on pour qu'il ne soit pas un cimetière de l'art ?
HF: Parce que le tango est toujours vivant. Une grande partie du tango ancien est toujours en vie. Comme le dit l'ex Ambassadeur de l'Argentine à Paris et membre Honoris Causa de l'Académie, Archibaldo Lanus: 'Le tango de toute époque est quelque chose qui se passe à ce moment précis'. Le tango c'est ça, et nous avons l'Olympe des Gloires' et une sorte d'atelier du tango vivant, car chaque jour un orchestre de jeunes avec danseurs et chanteurs se présente dans notre Musée. Le public peut voir, constater, la continuité du tango, écoutant ce qu'on fait aujourd'hui avec la présence de ce qui a été fait avant.
LT: Vous avez aussi des projecteurs videos et films.
HF: Bien sur, l'audiovisuel est très important. Dès qu'on monte l'escalier de l'entrée, on se trouve avec la projection de films de tangos.
Nous connaissons très bien l'importance que le cinéma a donné au tango, de Chaplin à Rodolfo Valentino, jusqu'à De Niro ou Al Pacino. Dans un autre projecteur, on peut voir et entendre sans interruption des concerts, des spectacles, des répétitions et des enregistrements des plus grands artistes du tango, des orchestres, des chanteurs, des danseurs. Nous avons même des guides en anglais, français, portugais (rires).
LT: Où et comment il fonctionne ce Musée ?
HF: Il se trouve Av. Rivadavia 830, du côté nord de notre Palais Carlos Gardel, au premier étage, et il ouvre du lundi au vendredi, de 14h à 18 h.
LT: Il est fabuleux que tout le monde puisse parcourir l'histoire du tango jusqu'à nos jours et que chaque visite finisse par un spectacle vivant avec de jeunes artistes.
HF: Il y a des orchestres qui travaillent à l'Académie et ces jeunes vont proposer leurs idées sur le tango joué.
LT: Quels sont tes rêves pour ce Musée à mettre en place dans l'avenir ?
HF: Ceci est une première étape. Tout est 'compressé' pour que son parcours soit facilement accessible. Il faut une heure et demie pour le parcourir. Mais mon idée est d'acheter un Petit Hôtel de quatre étages et faire, par exemple, un étage pour Gardel, un autre pour Piazzolla ou Julio De Caro ou Troilo, et pour les autres: Rinaldi, Goyeneche, c'est sans fin.
LT: Il faut profiter de ce Musée, mais il faut aussi l'enrichir chaque jour...
HF: Certainement, il faut y venir. Il y a un très bel escalier, comme au Louvre, et on y voit une sculpture très belle d'un couple, que Leo Vinci, un de nos académiciens, a réalisé. Au lieu d'avoir la Victoire de Samotrace, nous avons cette autre magnifique |uvre.
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