Musique, Art et Culture d'Argentine - musicargentina.com
Musique, Art et Culture d'Argentine
La Salida
Mon compte Mon compte
Mon panier Mon panier
 Musique  Vidéos  Livres  Partitions  Agenda  Tourisme  Prestations 
  musicargentina.com » Musique » Info » Interviews » Eduardo Makaroff du label "Mañana"
Rechercher
 
Nouveautés

Notre sélection

Promotions

Musique

Electro-tango

Collections Euro Records

Tango pour danser

Tango pour écouter

Folklore

Jazz

Auteurs, compositeurs

Bandes originales

Musique classique

Rock / Latino argentin

Info
> Discographie
> Articles
> Interviews
> Chefs d'orchestre
> Chanteurs
> Auteurs
> Compositeurs
 
Informations
Nous contacter

Conditions de ventes

Nos dépositaires et revendeurs

Qui sommes-nous ?

Comment commander ?

Newsletter

Plan du site

Langues
Français Español English
Eduardo Makaroff du label "Mañana"  

Rencontre avec Eduardo Makaroff, à l’initiative du label Mañana

Eduardo Makaroff: C’est avec Gérard Lo Monaco, français né en Argentine, mon associé, un grand directeur artistique dans le graphisme que j’ai créé le label.
Le jour où j’ai eu l’idée, j’e l’ai appelé et il m’a tout de suite dit qu’il était l’homme pour mon projet. C’est lui qui a trouvé le nom du label. Les bureaux de Mañana sont juste à côté du sien. Le contact avec Naïve a également été fait par son intermédiaire, le concept de comment faire fonctionner un label et surtout toute la partie visuelle vient de lui. C’est pour cela qu’on donne une telle importance à la communication visuelle. Il a inventé le nouveau format de la pochette carrée, inhabituelle ainsi que créé l’intérieur tout à fait novateur pour un disque. Il a un vrai regard professionnel du monde de l’édition.


Musicargentina.com: Comment est né l’idée de ce label Mañana ?

EM: Mañana est né à Paris parce qu’entre autres, Juan Carlos Caceres, d’autres potes musiciens et moi-même avions rêvé de faire un mouvement, d’écrire un manifeste.Cela aurait pu avoir pour s’appeler “Los muchachos de Paris » -titre d’une chanson qu’a écrite Juan Carlos Caceres, dans laquelle il nomme tous les musiciens qui jouent avec lui. J’ai moi-même écrit une chanson qui s’appelle “El Camion“, et on avait imaginé de faire un camion avec des “filetes“ (un travail de peinture typique à Buenos Aires avec beaucoup des motifs et lignes fine)

Le Camion aurait fait le tour de Paris avec une Murga du style Trio Electrico brésilien de Bahia qui consiste à monter et faire le Carnaval sur un camion. Maintenant c’est très connu, le bus a même un ascenseur et le Trio s’est aggrandi à six types avec toute l’amplification possible. Tout le monde danse autour et derrière le camion en suivant les répétitions et les déplacements. Et Caetano Veloso dit que celui qui ne suit pas au moins trois rues le Trio Electrico n’est pas vivant, il n’existe pas.

Nous avions ce délire qui indiquait une nécessité, un besoin de s’unir, de se rassembler pour dire qu’il y a quelque chose qui se passe, de nouveau, qu’on veut défendre une certaine façon de faire de la musique argentine, d’aller en avant, de composer de nouvelles choses parce qu’il y a des choses à dire. Caceres n’arrête pas de parler et de donner des leçons d’histoire argentine et du tango à tout le monde. Et il fait bien car il s’y connaît. C’est un besoin presque spirituel pour les musiciens argentins installés à Paris.

Dès qu’il y a la création, de nouvelles compositions, on peut partir dans n’importe quelle direction. Le tango est une matière énorme et inexploitée. C’est tellement incroyable, hallucinant. C’est pour cela qu’il y a un avenir intéressant pour nous tous et pour la musique en général. La matière du pop-rock, de la musique classique ou du jazz a déjà été assez exploitée. Par contre le tango, ça fait longtemps qu’on ne l’exploite pas et il y a de très nombreux styles, instrumentations et de rythmes possibles. Maintenant il y a un grand mouvement autour de la Murga, par exemple, héritier des rythmes africains, cette récupération des rythmes africains par Caceres se continue avec une musique de rue, de Carnaval bien de quartier qui se passe actuellement à Buenos Aires.

Par ailleurs, tous les rythmes folkloriques sont la base des compositions de Gerardo Di Giusto. C’est aussi la base de certaines compositions de Gotan Project, on parle d’un tango élargi, de la musique argentine en général, ça comprend aussi la chacarera, la milonga campera ou pour Gerardo el huyano, la zamba….

Mañana est un label de musiques argentines plutôt acoustique mais on reste ouvert à tout ce qui peut la faire évoluer.


Musicargentina: Vous sortez sous ce label Mañana une production discographique consacrée à la musique argentine. Quels sont les critères qui ont guidé vos choix de production?>/i>


EM: Le label Mañana est consacré à accueillir de nouveaux créateurs, compositeurs et interprètes qui ont de nouvelles choses à dire avec le langage et l’univers des musiques argentines, spécialement du tango mais pas uniquement. Le tango est la musique de Buenos Aires et du Rio de la Plata qui a une histoire et une profondeur, celle qui a l’univers le plus large, qui a fait plusieurs fois le tour du monde mais on inclut aussi le répertoire folklorique d’Argentine.

Nous ne produisons pas tout ce nous publions. Par exemple, Melingo a produit lui-même son album, en tant que réalisateur artistique (producer), il a ce concept également mais c’est par la composition que passent nos critères de choix. On n’est pas fermé un jour à faire des reprises mais ma pensée depuis un bon moment autour du tango et la musique qui va devenir tango, va dans la direction suivante : dans le tango il y a eu un moment, il y a quelques décennies où l’on s’est arrêté – sauf exception - de faire de nouvelles compositions, de dire de nouvelles choses.

Piazzolla a fait la dernière grande révolution. Et après lui, je crois qu’on se contente un peu, en tout cas pour beaucoup, de réinterpréter Piazzolla ou de réinterpréter les standards du tango : la ultima curda, Malena.… C’est dommage. Après Goyeneche ou Rivero, c’est dur de chanter “la ultima curda“.

Par contre, avec cette matière qui, pour les musiciens de ma génération a été remplacée par les rythmes anglo-saxons, le rock argentin … on s’exprimait avec l’influence des Beatles et de tout le mouvement rock. Maintenant il y a une surproduction de ce type de musique et on peut récupérer le tango pour continuer à créer avec cette esthétique moins exploitée et pas seulement par les argentins. Tu peux plonger dedans et tu ne t’en sors jamais. C’est un univers qui ne finit jamais.


Musicargentina: Cette fameuse possibilité infinie comme l’écrivait Leopoldo Maréchal. Donc le label qui vient de naître semble avoir de beaux jours devant lui, non ?


EM: Apparemment. Après il y a d’autres considérations au niveau de l’impact du public et des considérations commerciales. Mais concernant le choix artistique, c’est avant tout un choix de compositeurs. Mais on n’est pas fondamentaliste.


Musicargentina: Pourquoi un musicien devient éditeur ? comment cela vous nourrit ?


EM: J’ai passé ma vie à être avant tout artiste, compositeur, guitariste, chanteur et puis producteur de musique dans l’audiovisuel. A un moment donné, on a eu l’idée et l’envie de sortir des disques de tango, donc je me suis mis plus profondément dans la partie commerciale qui a à voir avec l’édition et la production et pour moi la plus chiante qui est comment vendre des disques. Finalement, c’est un commerce. Si tu vends du vin, il y a une spécificité mais tu as un marketing à faire, pour le savon aussi et pour les œuvres d’art également et malheureusement dans cette société capitaliste c’est comme ça. Donc j’ai engagé des gens qui m’aident à apprendre le métier de commerçant.

Dans ma famille, je n’ai pas été élevé dans une ambiance de commerçant du tout. Même étant juif du quartier de l’Once à Buenos Aires (l'équivalent du Sentier à Paris). Ma mère ést chimiste et mon père ingénieur, moi je suis né dans une ambiance assez intellectuelle. Devenir artiste était un peu contre mes parents qui étaient scientifiques mais quelque chose de normal que je peux assumer facilement. Par contre, l’activité commerciale est un peu éloignée de mes habitudes. Mais je me fais aider par des spécialistes. Le projet est vraiment collectif.

Par exemple Gustavo Beytelmann m’a énormément aidé. J’ai passé des heures et des heures en tournée et nous avons beaucoup parlé de cette idée de lancer un label. Il m’a dit : “ il y a peu de personnes qui peuvent faire ça, alors fais-le toi. Tu es la personne…“ Et venant de lui, c’est quelqu’un qui s’y connaît, il a beaucoup travaillé dans des maisons de disques en Argentine. Il sait comment Trova est né…Il connaissait les patrons de toutes les maisons de disques là-bas, les grands et les petits labels. Et on a beaucoup discuté.

Si on fait quelque chose avec une idée à long terme, si on fait de la bonne musique, je crois qu’on va s’en sortir car la bonne musique finit par se vendre pendant 20, 30 ans. Vous pouvez aller aujourd’hui acheter un disque de Glenn Miller comme on achète le disque de Troilo. Il faut seulement des critères de qualité, c’est pour ça qu’on fait très attention. C’est pas simplement qu’on publiera et sortira un disque parce qu’il y a un nouveau compositeur, non le compositeur doit être très bon et l’enregistrement et la production aussi !


Musicargentina.com: Est-ce que Mañana s’est fait aussi parce que tu as eu des déboires avec des labels ?


EM: Aussi. A un moment donné, avant d’avoir le succès énorme avec Gotan Project. Je ne sais pas si vous connaissez le disque “Un argentin à Paris »… Ca fait longtemps que j’ai fait ce disque personnel avec des chansons, notamment avec la milonga de la politesse qu’on avait composée avec el Pollo (Daniel Mactas) et quelques chansons en français, des tangos, en tout cas, ma façon de voir, de m’approcher de la culture tango, comme avec Mano a Mano ou nous composions nos chansons, comme pour un groupe de rock. On ne conçoit pas un groupe de rock qui interprète pas ses propres thèmes, ça ferait très bizarre. En Argentine, Fito Paez, Charly Garcia, chacun fait ses compositions et moi je me demandais comment faire pour sortir un disque personnel…

Mais maintenant je n’ai pas envie de le sortir, je dois le modifier un peu mais pourquoi pas le sortir dans mon propre label même si je ne l’ai pas créé pour sortir mes propres productions.

Par exemple, je suis très content d’avoir produit le prochain album de Caceres (sortie en avril 2005) et de pouvoir le sortir sur mon label Mañana mais je suis également content d’accueillir Gerardo di Giusto qui a lui-même réalisé son disque que l’on a pris à la fin pour le mixage ou aussi heureux d’accueillir Melingo et sa propre production. Et là on attend une production de Mañana qui est celle du bandonéoniste Juan José Mosalini avec le Quatuor à cordes Benaïm qui vont interpréter des oeuvres que Gustavo Beytelmann est en train de finir de composer pour bandonéon et cordes. J’ai déjà écouté les premières compositions et c’est superbe ! Il m’a tout montré. Je suis l’éditeur de Beytelmann maintenant (rires).
Le quatuor est établi à Paris et Benaïm, le premier violon, est d’origine israélienne. C’est un quatuor de très haut niveau de musique classique que Mosalini et Beytelmann vont coacher pour le tango.

Les autres projets sont en route.



Musicargentina.com: Quelle est votre attitude d'artiste et d'éditeur dans le contexte actuel de l'édition musicale ?


EM: C’est particulièrement bizarre car nous sortons un label au moment où la Une de Libération titre: le CD est décédé. On s’en fout parce que l’intention est de faire quelque chose qu’on aime faire. C’est la continuation de ma propre carrière, ma propre vie artistico-productive d’un argentin qui aime beaucoup la musique argentine.

Nous pensons justement que, grâce à l’indépendance, on va pouvoir s’en sortir quand même et, comme on dit en Argentine: a rio revuelto ganancia de pescadore (à rivière surevol†ée, gains de pêcheur). Maintenant ceux qui se cassent la gueule, ce sont les grosses entreprises qui licencient et qui se battent sur le plan de l’industrie par sur l’artistique mais sur la vente, le marketing avec n’importe quelle merde. Je peux assurer qu’il y a un pourcentage énorme de merdes vendues de façon artificielle avec des investissements marketing énormes.

On a signé avec Naïve parce que c’est un distributeur indépendant. Même que son patron, Patrick Zelnick, est le porte-parole des labels indépendants. On est sur la même longueur d’onde et mon intérêt est que le label puisse avoir une dynamique pour s’en sortir économiquement mais surtout notre objectif n’est pas de gagner de l’argent. Moi je serais content si je récupère l’investissement d’ici à dix ans… L’avantage de ce projet c’est qu’on est là pour pouvoir sortir de la bonne musique argentine et surtout appuyer la création et les nouvelles propositions.


Musicargentina.com: Aurais-tu pu monter Mañana avant le boom de Gotan Project ?


EM: Je n’aurais pas pu sans le succès de Gotan Project. Dans le haut de la vague du tango, Gotan Project m’a ouvert le monde, m’a appris beaucoup de choses. Je sais ce qui se passe et quelle est l’ambiance tango à San Francisco, au Japon, à Varsovie... sans parler de tout le reste. J’ai passé deux ans à faire le tour du monde. Et puis comme on a eu du succès, j’ai gagné un peu d’argent pour pouvoir investir. Sinon je n’aurais pas pu le faire.


Paris 14 octobre 2004


   

Newsletter
Pour vous abonner à la newsletter et être informé des actualités, nouveautés, promotions... entrez votre e-mail:
 
Nouveautés
plus
Carlos Di Sarli - 1943/1948
Carlos Di Sarli - 1943/1948
16,50€
Notre sélection
plus
La Perla negra del Tango
La Perla negra del Tango
17,00€ 12,00€
Promotions
plus
Juan D'Arienzo 1954 / 1957
Juan D'Arienzo 1954 / 1957
16,50€ 12,50€

Raquel Shoes



© Copyright musicargentina.com 2003-2008
Nous contacter - Conditions de ventes - Nos dépositaires et revendeurs - Qui sommes-nous ? - Comment commander ?
Newsletter - Plan du site - Tous les articles
musicargentina.com en français : Tango Musique, Art et Culture d'Argentine
musicargentina.com en español : Tango Musica, Arte y Cultura de Argentina
musicargentina.com in english : Tango Music, Art and Culture of Argentina
OVH