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Francisco Canaro – Le grand travailleur du tango

canaro26 novembre 1988 / 14 décembre 1964

Enfant d’une famille très pauvre, ce fils d’immigrés italiens né en Uruguay, n’avait d’autre choix que le travail. Il aurait pu, sa vie durant, rester en bas de l’échelle sociale, à moins que quelque chose ne lui permit de la remonter.

Mais ce gamin traversa avec sa famille l’estuaire du Rio de la Plata et c’est à Buenos Aires qu’il va découvrir sa vocation qui lui permit d’avoir, par la suite: gloire et fortune.

C’était alors l’époque où une nouvelle musique prenait forme: le tango.
A l’aide d’un récipient en laiton, un manche en bois et quelques cordes il construisit un violon. De là a démarré une carrière qui fut longue et brillante à maints titres et qui a mis Canaro dans l’orbite d’un faiseur d’histoire, celle du tango.

Il a été violoniste, compositeur, chef d’orchestre et, rôle non moins important, créateur de la Société d’Auteurs et Compositeurs. Dès 1918 il se soucia des droits des compositeurs, et eut à coeur de créer une structure qui protège les auteurs.

La carrière de Canaro se confond avec le devenir de cette nouvelle culture qui rassemblera les argentins, surtout les nouveaux,, les immigrants qui affluent incessamment sur le port de Buenos Aires.

Canaro débute de manière bien modeste: avec son premier violon, gamin encore, il va gagner quelques pièces dans les bals des quartiers. La première formation qu’il intègre est un trio, où il joue à côté d’un certain Francisco Lomuto.

C’est avec le grand Vicente Greco qu’il va, vers la fin de la première décennie du 20ème siècle, jouer dans des bals et de cafés, surtout dans le quartier de La Boca qui commençait alors à se garnir de ces établissements.

Dès 1912 Canaro commence sa carrière de compositeur, qui par la suite l’amène dans des situations confuses, certains l’accusant de signer des pièces écrites par d’autres.

Comme vont le faire tous les orchestres ensuite, Canaro incorpore, dès 1924, un chanteur à l’orchestre. A Roberto Diaz vont suivre Fama, Maida et tant d’autres, parmi eux Ada Falcon avec qui Canaro va entretenir une passionnante relation jusqu’à que la chanteuse décide de se retirer dans un couvent, où elle finira ses jours, recluse.

Le tango connaissait du succès ailleurs qu’en Argentine, surtout à Paris. C’est en 1925 que Canaro arrive dans la ville lumière avec son orchestre et va connaître, lui aussi, un grand succès. Dans cette formation nous avons la présence d’un pianiste qui deviendra une figure majeure de ces premières époques: Lucio Demare. Canaro restera à Paris jusqu’en 1927.

De retour au pays Canaro va beaucoup travailler ce qui lui permet de devenir une figure très connu. Qui ne connaissait pas le nom de ce Canaro, et de son orchestre qui parcourait alors le pays de long en large, et que l’on retrouvait souvent dans maints programmes à la Radio ?

Canaro n’a pas développé un style propre, comme cela a été le cas pour D’Arienzo ou Pugliese. Mais il a su s’adapter aux tendances qui dominaient à chaque moment. Il fut un travailleur acharné et le succès, ainsi que l’argent, l’ont largement recompensé.

Canaro a enregistré tellement qu’on ne sait pas s’il y a eu 3500 ou 7000 enregistrements de sa part. Aussi il est difficile de compter le nombre de compositions signées Canaro, parmi lesquelles Charamusca, Mano brava, Nobleza de arrabal, La ultima copa, Se dice de mi, Madreselva….

Des voix majeures du tango ont chanté avec Canaro, citons la plus grande parmi les masculines: Carlos Gardel, et la plus fameuse parmi les féminines: Libertad Lamarque.

Bernardo Nudelman

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