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Magdalena Valdez – La danse, tout simplement

m valdezMagdalena Valdez a reçu la danse, puis le tango, en plein cœur. Une passion toute naturelle, ancré dans son être, voire dans son destin.
Nous sommes heureux de la présenter à travers ce dialogue qui, fort probablement, permettra au lecteur de découvrir cette femme danseuse d’une musique qui entraîne et relie.

B.N.: Si mes références son correctes, tu es danseuse professionnelle de tango depuis une dizaine d’années. Peux tu nous raconter tes premiers pas, dans tout le sens du terme ?

M.V.: Le temps passe si vite ! il me semble que ce fut hier le premier jour où le destin a croisé mes pas avec le Tango.
C’était un jour parmi d’autres. J’étudiais dans l’École Nationale de Danse et, pendant la pose de midi, je suis allé prendre l’air avant le cours de ballet. J’ai poussé, par curiosité , les portes de la Confiteria La Ideal. J’ai entendu la musique du tango venant du premier étage. J’ai monté, émerveillée, les si belles et anciennes marches de l’escalier et, subitement, je me suis sentis être rentré dans le tunnel du temps ! Des gens dansaient le tango, dans l’abrazo, les yeux à demi-fermés ; je ne pouvais pas croire qu’en plein milieu de la ville, du bruit, de la circulation, des gens qui courent dans tous les sens, il puisse exister, simultanément, un endroit comme égaré dans le temps, où des gens en pleine lumière du jour dansaient le tango. Les hommes étaient élégants, avec leurs costumes et des chaussures qui brillaient, les femmes avec des robes étincelantes, des chaussures à talon-aiguille, maquillées et coiffée chez le coiffeur… ce fut incroyable !
Treize années sont passées depuis, où par un jour quelconque et une ballade de détente j’ai découvert une autre manière de m’exprimer ; le Tango.

B.N.: Enfant tu avais la danse collé à ton corps et à ton âme. A 13 ans tu rentres à l’Ecole Nationale de Danse, section Enseignement. Cette ligne pédagogique indique , je crois, une pulsion en toi de la transmission, de l’organisation méthodologique pour offrir à l’autre ce que l’on sait, ce que l’on a. Que peux tu nous dire de cette facette pédagogique dans ta transmission artistique ?

M.V.: Très jeune déjà je savais que ma profession allait être liée à l’art, précisément à la danse. A 13 ans, avec ma famille, nous cherchions le meilleur endroit pour apprendre la danse et je me suis inscrite à l’Ecole Nationale de Danses. La discipline et l’organisation ont été des éléments fondamentaux que j’ai appris dans cette Ecole. La capacitation pédagogique fut très intéressante pour pouvoir organiser et transmettre à l’élève les conseils, l’expérience, ainsi que comprendre les temps et le développement de chacun.
A la fin de mes études j’ai décidé de porter mes connaissances dans le Tango, approfondir cette belle danse, qui était alors méconnue pour moi, mais très prenante. J’ai pris de cours avec plusieurs Maestros, je fréquentais les Milongas, passant des heures et des heures à danser,. Jusqu’à ce que j’ai trouvé mon chemin, un style qui pouvait mixer ce que j’avais appris à l’Ecole avec cette nouvelle manière de m’exprimer : le Tango.

B.N.: Depuis 2004 et le travail avec la troupe de l’Esquina Carlos Gardel, jusqu’à nos jours dans ton travail avec Roberto Zuccarino, comment as tu vu le parcours du tango parmi le public danseur ? Et chez les artistes ? Et en ce qui va de la chorégraphie ?

M.V.: Depuis 2004 je vois une évolution dans le Tango. Évolution dans la préparation des danseurs, les costumes, la chorégraphie, les mises en scène des spectacles de Tango. Le fait que le Tango de Scène dialogue avec d’autres danses apporte beaucoup de liberté dans les mouvements. L’arrivée de nouveaux danseurs augmente constamment, danseurs de toutes âges et de tous les endroits du monde. Et l’on voit de plus en plus des jeunes s’intéresser au Tango. Ceci est merveilleux !
Ma rencontre avec Roberto fut un complément parfait , c’est un authentique danseur de tango, naît dans la Milonga, avec un style naturel et spontané. Il est très respectueux des codes et du style traditionnel du Tango et a su mélanger son expérience de Tango Salon pour la transporter sur scène, sans perdre son essence et l’origine réel du tango. Au contraire, ainsi Roberto l’a valorisé et le propose comme un héritage de tous ces vieux milongueros qui nous ont ouvert la voie au tango d’aujourd’hui.

B.N.: Tu as partagé la scène avec Miguel Angel Zotto, dans plusieurs spectacles : « Zotto en Buenos Aires » et « Tango x2 » qui a connu un succès mondial. Que t’as apporté ce temps de travail avec lui ?

M.V.: Travailler dans la compagnie de Miguel Angel Zotto, qui plus est en tant que première danseuse, fut l’une des expériences le plus gratifiantes de ma carrière. Il est un homme qui a du respect et de l’amour pour le Tango, c’est un livre ouvert, une vraie encyclopédie. Il m’a apporté surtout la naturalité, la beauté de ce qui est simple, en un mot : Tango.

B.N.: Avant que le public puisse apprécier le spectacle « Tango y nada mas » que vous avez crée et qui sera présenté au prochain Festival de Tarbes, en France, j’aimerais que tu nous raconte comment il est né, comment vous l’avez construit et quel est le message que vous proposé aux amoureux de la culture Tango.

M.V.: Le spectacle naît d’une nécessite de montrer au public quelque chose de différent que les spectacles dits for export, que l’on trouvais à ce moment là. Il y a eu une sélection très méticuleuse pour composer la troupe, dans tous ses aspects : danse, musique et chant. Les danseurs proviennent du Tango Salon, où le répertoire musicale pour chaque thème est celui que l’on écoute dans les Milongas de Buenos Aires. L’idée que nous avons essayé de matérialiser dans les chorégraphies n’était pas de chercher l’effet au moyen des mouvements spectaculaires, mais de chercher la précision, la coordination , la qualité du mouvement. Le spectacle de la Compagnie Tango mas Tango se situe à l’époque d’or du tango et le seul protagoniste est le Tango dans son expression la plus pure.

B.N.: … et maintenant, pour conclure ce dialogue, je voudrais te laisser librement la parole pour nous dire ce que tu aimerais communiquer au public, celui qui danse, les néophytes, les curieux…

M.V.: J’aimerais dire à tous ceux qui aiment danser le tango d’être authentiques, qu’ils le dansent avec le cœur, sans chercher l’approbation de quiconque, car le Tango est une diversité. C’est une danse populaire où tout a de la valeur, à condition de le danser avec authenticité et sentiment.

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